nous recueillons

vos témoignages sur l'édition

Vous avez participé à un évènement, une action (table ronde, conférence, visite) ou découvert les contenus d’une exposition de cette édition 2026 de la Biennale de cartographie « L’eau sans frontière« , et souhaitez nous en parler ?

Nous sommes preneurs de vos témoignages et retours d’expériences en vue de constituer un livrable rétrospectif au printemps 2027. Qu’avez-vous appris ? Qu’est-ce qui vous a interpelé ? Quel regard souhaitez-vous partager ?

A vos plumes !

Écrivez un nouveau témoignage

 
 
 
 
 
 
Les champs marqués avec un * sont obligatoires. Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Il se pourrait que votre message n’apparaisse dans le livre d’or qu’après que nous l’ayons vérifié. Nous nous réservons le droit de modifier, de supprimer, ou de ne pas publier les messages.
Denis Denis from Lille
25 septembre 2026 at 8h17
Retour sur la visite en Décidée du mercredi 23/09 :

À bord de la Décidée, la balade sur le Canal de la Deûle à l'Escaut (Canal de Roubaix) donne à voir un exemple concret de la façon dont une infrastructure hydraulique redéfinit, siècle après siècle, ses propres limites – territoriales, fonctionnelles, écologiques.

Le canal naît d'une logique de compétitivité industrielle : donner aux industriels du bassin roubaisien un accès à l'eau pour le transport des matières premières, dans un projet initialement pensé par Vauban sous forme souterraine, abandonné faute d'être réalisable tel quel. Le tracé bascule alors vers le nord de Roubaix, laissant derrière lui des traces urbaines encore lisibles aujourd'hui (la branche morte de Croix, le Parc Barbieux, des boulevards comme Gambetta) et un embranchement vers Tourcoing – à la demande de la Ville.

Vers 1920, le canal connaît son âge d'or : environ 6000 péniches par an pour plusieurs centaine de milliers de tonnes de matières transportées, sur des gabarits modestes. Mais cette frontière fluviale, pensée à l'échelle industrielle du XIXe siècle, ne résiste pas au report modal vers le rail puis la route : un projet d'élargissement sur 28 km s'avère inconcevable, et la navigation est interdite en 1985. Il faudra attendre 2011 pour que les bateaux de plaisance soient de nouveau autorisés – une délimitation temporelle nette, et un usage différent de celui d'origine.

Cette bascule d'usage s'accompagne d'une bascule écologique. Le canal, alimenté par le bassin filtrant de Leers, est devenu un lieu de biodiversité à part entière, révélant une nouvelle "frontière" à gérer : celle entre navigation de plaisance et préservation du vivant. Face à la sécheresse, une vigilance se porte aujourd'hui sur l'alimentation en eau de ces infrastructures dans leur ensemble – les plaisanciers renoncent parfois à naviguer dans le canal en eau, faute de niveau suffisant en amont ou en aval. La qualité de l'eau, elle, s'améliore et se lit désormais à travers des bio-indicateurs (apparition et maintien d'espèces – écrevisses, libellules, roseaux), signe qu'il n'y a plus de rejet direct de polluants dans le canal.

En une heure de balade, le canal est ainsi le témoin de différentes limites et frontières qui constituent son existence passée, mais aussi son futur, avec lequel il doit composer : entre maintien de la biodiversité, développement ou non de l'exploitation de plaisance, dialectique entre gestionnaires (MEL pour le canal et ses chemins de halage en France, mais collectivités respectives au-delà dans les terres, avec des investissements et des orientations qui divergent).

En soit, une illustration concrète des sujets abordés dans cette nouvelle édition de la Biennale de cartographie sur le territoire de l'Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai.
Merci de patienter…